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Interview – Anniversaire – 10 ans

«Quand le contrôle est en ordre, c’est une confirmation»

«Quand le contrôle est en ordre, c’est une confirmation»

Rolf Schweizer

En 2026, le FiBL, Bio Suisse et bio.inspecta célèbrent dix ans d’engagement commun L’occasion d’interviewer le responsable de la section romande de bio.inspecta, Rolf Schweizer, observateur privilégié de la filière bio. Maitre agriculteur de 64 ans, Rolf Schweizer exploite en famille un domaine axé sur les céréales et le menu bétail à Peyres-Possens (VD) et aux Giettes (VS). 20 contrôleurs et contrôleuses de la section romande de bio.inspecta et ses débuts en 2027.  

Comment et pourquoi avez-vous rejoint le mouvement bio, d’abord en tant que producteur puis en tant que contrôleur?

Même en étant IP-Suisse, je me suis toujours intéressé aux méthodes de production et notamment au bio. En 2011, nous avons décidé avec mon épouse de nous reconvertir au bio. J’ai ensuite été contacté par bio.inspecta, qui cherchait un responsable régional pour la Suisse romande. Le projet m’intéressait, j’avais une certaine expérience à l’échelle communale et j’avais travaillé comme inspecteur à la Régie fédérale des alcools. Les choses se sont enchaînées assez naturellement. J’ai été engagé en 2015, et j’ai rapidement pris la direction de la section romande.

Vous avez accompagné la mise en place et le développement de bio.inspecta en Suisse romande. Quels souvenirs ou étapes clés retenez-vous de ces dix dernières années?

Quand j’ai commencé, nous contrôlions environ 900 exploitations en Suisse romande. Aujourd’hui, il y en a environ 1300. La présence de bio.inspecta était encore assez discrète à l’époque. L’ouverture d’un véritable bureau régional a été une étape importante. Cela nous a permis de professionnaliser davantage l’activité de bio.inspecta et d’améliorer la collaboration avec les producteurs, les transformateurs et les partenaires institutionnels.  

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans l’évolution du bio en Suisse romande? 

Il y a eu une nette augmentation du nombre de conversions autour de 2015, marquée notamment par une demande croissante du marché. Ensuite, la dynamique s’est un peu stabilisée. On voit aujourd’hui surtout des producteurs et productrices qui s’inscrivent dans une démarche de long terme. Certains disaient que ces agriculteurs venaient au bio pour les primes et qu’ils repartiraient ensuite. Mais dans les faits, la plupart restent. Les exploitations bio existent, bien sûr, mais elles sont généralement liées à des questions financières. Sur le terrain, on voit surtout des producteurs et productrices convaincus et engagés.  

Selon vous, quel rôle joue le contrôle dans la crédibilité et la confiance autour du label bio?

Le contrôle est indispensable pour que le label bio reste crédible. Il permet de vérifier que les règles sont respectées et que les pratiques sont conformes. Il peut être vécu comme un moment un peu stressant, c’est normal, mais il est aussi l’occasion d’échanger et de progresser. Les agriculteurs le voient aussi comme une sorte de contrôle qualité. Quand tout est en ordre, c’est une confirmation que le travail a été bien fait. Et cette vérification indépendante est essentielle pour maintenir la confiance, tant chez les transformateurs que chez les consommateurs.  

Qu’aimeriez-vous transmettre à la nouvelle génération de producteurs bio?
Je dirais d’abord qu’il faut assurer la viabilité économique des exploitations. Être agriculteur aujourd’hui, c’est aussi être chef d’entreprise. Être agriculteur bio, c’est aller encore plus loin dans cette exigence. Mais c’est aussi une source de fierté quand tout fonctionne bien. Le bio demande beaucoup d’engagement, de responsabilité et de rigueur. Chacun a un rôle à jouer pour maintenir cette exigence, que ce soit le producteur, le transformateur, le contrôleur ou le chercheur. C’est un travail collectif pour faire évoluer l’agriculture biologique tout en conservant les principes qui font sa force.  

Propos recueillis par Claire Berbain

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